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Tuesday, June 05, 2007

Exposition : Photographies de Fazal Sheikh : "Ladli" et "Moksha"

[Ayant été la voir la semaine dernière, je vous recommande vivement cette très belle et très émouvante exposition photos à Paris de Fazal Sheikh : "Ladli" et "Moksha" à la Fondation Henri Cartier Bresson (voir infos pratiques ci-dessous).

Ceux et celles d'entre vous qui ont vu le film Water de Deepa Mehta trouveront dans cette exposition des échos très émouvants sur la condition féminine en Inde de nos jours. - Mounir ]

« Ladli » succède à mon précédent livre, « Moksha », où je m’intéressais à l’existence de certaines femmes en Inde, qui, une fois veuves, se trouvent abandonnées et dans certains cas maltraitées par leur famille, de sorte qu’elles quittent leur foyer et partent, comme des centaines de milliers de veuves indiennes avant elles, pour la ville sainte de Vrindavan. Là, elles consacrent le restant de leurs jours au culte de leur dieu Krishna. Les histoires que ces femmes m’ont racontées – sur leur mariage alors qu’elles étaient encore enfants, sur les sévices infligés par leur mari, qui les quittait parfois, les mauvais traitements de la part de leur belle-famille, la disparition du respect de soi, la perte de leurs droits juridiques et économiques – tout cela m’a montré la vulnérabilité des femmes dans la société indienne traditionnelle. J’ai compris que, même aujourd’hui, alors que l’Inde rejoint rapidement le groupe des nations les plus évoluées du monde, depuis leur conception, leur sexe même transforme de nombreuses femmes en victimes potentielles d’un système patriarcal qui entérine tacitement leur exploitation, les mauvais traitements qu’elles endurent, voire leur mort. (…) Quand je lis dans la presse les louanges adressées à l’Inde pour son entrée miraculeuse sur la scène économique mondiale, je m’interroge sur l’avenir des femmes dans un pays qui avance très vite vers un avenir glorieux. (Fazal Sheikh)

Biographie :

Né à New York en 1965, diplômé de Princeton en 1987, Fazal Sheikh a toujours travaillé avec des populations déplacées - en Afrique de l’est, au Pakistan, en Afghanistan, au Brésil, à Cuba et récemment, en Inde. Son grand-père, Sheikh Fazal Ilahi, est né en 1900 dans la région du nord de l’Inde devenue le Pakistan en 1947 ; son père, Abdul Majied Sheikh au Kenya en 1941. Cette lignée familiale a conduit Fazal Sheikh à enquêter sur trois continents. Sur place, il a tenu à partager le quotidien difficile de réfugiés, pour la plupart victimes de guerres civiles, ou des communautés mises au ban de leur société.

Il a travaillé au Pakistan avec des groupes de réfugiés Afghans, au Soudan, en Ethiopie, en Somalie, puis en Inde pour ses deux derniers essais. En 1994, le New York Times l’a inclus dans la liste des 30 personnalités de moins de 30 ans les plus susceptibles de changer la culture des 30 prochaines années.

Fazal Sheikh est le lauréat de nombreuses récompenses prestigieuses. Ses travaux ont été exposés et font partie des collections des plus grandes institutions photographiques internationales. Artiste engagé, il attache autant d’importance aux photographies qu’aux récits qui les accompagnent. Son talent de photographe-écrivain lui permet de s’attacher réellement à ces femmes, non comme victimes symboliques, mais comme personnalités authentiques, nommées, qui se dévoilent dans un face à face direct et intime. En vivant pendant de longues semaines au sein des communautés qu’il étudie, en partageant leur quotidien avant de les photographier, il donne à ces images et à ces mots une profondeur liée à son engagement personnel : un sincère respect des croyances, des sentiments et de la nature humaine, une volonté farouche d’éveiller les consciences.

En 2005, il est nommé MacArthur Fellow. Il est par ailleurs le lauréat des bourses de la J. William Fulbright Foundation, du National Endowment for the Arts, du Nederlands Fotomuseum, de la Mondriaan Foundation et de la Mother Jones International Documentary Fund. Fazal Sheikh a reçu le Prix Henri Cartier-Bresson en 2005 pour son essai « Moksha ».

Il a également reçu le Grand prix du dialogue de l’humanité des Rencontres d’Arles, l’Infinity Award, la Leica Medal of Excellence, le Ruttyenberg Award, et le Ferguson Award. Des expositions de son travail ont été présentées à la Tate Modern, Londres ; à l’International Center of Photography et aux Nations Unies, New York ; à la Fondation HCB, Paris ; au Musée d’Art Contemporain, Moscou.

Ses photographies figurent dans les collections permanentes du Metropolitan Museum of Art, New York ; la George Eastman House, Rochester ; le San Francisco Museum of Modern Art. Ses travaux font partie des prestigieuses collections du Metropolitan Museum of Art, New York , San Francisco Museum of Modern Art, Californie, Philadelphia Museum of Art, Pennsylvanie, International Center of Photography, New York, Art Institute, Chicago, National Museum of Kenya, Nairobi, Fotomuseum Winterthur, Switzerland, Ruttenberg Foundation, California, The New York Public Library, New York, Museum of Fine Arts, Houston, Corcoran Gallery of Art, Washington, DC, Princeton University Art Museum, New Jersey, Santa Barbara Museum of Art, Museum of Contemporary Photography, Chicago, Volkart Foundation, Winterthur, Suisse. Il partage aujourd’hui son temps entre Zürich, New York et le Kenya.

[Toutes ces infos proviennent du dossier de presse de la Fondation Henri Cartier Bresson:

Voir aussi :

Horaires :
du mardi au dimanche de 13h00 à 18h30
le samedi de 11h00 à 18h45
nocturne gratuite le mercredi de 18h30 à 20h30

fermé lundi et jours fériés

Adresse :
2, impasse Lebouis
75014 Paris
tel : 01 56 80 27 00

Métro / Bus :
Métro : Gaîté, ligne 13, sortie n°1, vers la rue de l’Ouest / Edgar Quinet, ligne 6
Bus : Ligne 28 et 58 arrêt Losserand-Maine / Ligne 88, arrêt Jean Zay – Maine

Tarifs :
plein tarif 5 euros
tarif réduit 3 euros
gratuit en nocturne le mercredi (18h30 – 20h30)

Saturday, May 26, 2007

Exposition : L'Age d'Or de l'Inde Classique - L'Empire des Gupta (du 04 avril au 25 juin 2007)










































(see below for information in English)


Lieu :
Galeries Nationales du Grand Palais
Entrée porte Clemenceau

Place Clemenceau 75008 Paris

Ouverture : tous les jours, sauf les mardis

Horaires : de 10 à 20h et le mercredi de 10 à 22h

Prix d’entrée :
• Tarif plein : 10 €; tarif réduit : 8 €
• Gratuité pour les moins de 13 ans


Accès :
• métro : Franklin-Roosevelt ou Champs-Élysées-Clemenceau
• bus : lignes 28, 32, 42, 49, 72, 73, 80, 83, 93

Programmation culturelle :
http://www.rmn.fr/inde-classique/08programmation/index.html

Sélection d'oeuvres :
http://www.rmn.fr/inde-classique/05selection/index.html

Site du Grand Palais :
http://www.rmn.fr/inde-classique/index.html


Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée national des Arts asiatiques-Guimet et le National Museum, New Delhi. Avec le soutien de PricewaterhouseCoopers.

L’époque gupta (IVe – VIe siècle après J.-C.) marque l’apogée de la civilisation indienne. Durant cet âge d’or qui vit s’épanouir la pensée religieuse, les sciences, la littérature et le théâtre, l’art atteignit un raffinement et une perfection sans précédent ; canons esthétiques et modèles iconographiques élaborés à l’époque gupta allaient perdurer au fil des siècles et leur l’influence et leur rayonnement s’étendre jusque dans l’art du Népal, de l’Asie du Sud-Est ou encore de l’Asie Centrale.

Grâce aux prêts exceptionnels des plus grands musées indiens, quelque 110 sculptures (pierre, terre cuite, bronze) évoquent la genèse, la maturité et le rayonnement de cet art encore méconnu du public occidental. Cette exposition est la première manifestation exclusivement consacrée à l’art de l’Inde gupta organisée en France, et même en Europe.

À l’instar des souverains de la première grande dynastie historique du sous-continent indien, celle des Maurya (IVe – IIe siècle avant J.-C.), les Gupta sont originaires de l’Inde du Nord. Comme ce fut aussi le cas pour d’autres familles royales de l’histoire indienne dont l’ascendance reste quelque peu obscure, la puissance gupta se constitua progressivement à partir de l’éclatement du grand empire des Kushâna vers la fin du IIIe siècle. Ses territoires s’étendaient sur une partie de l’actuel Etat du Bihâr, avec l’antique cité de Pâtaliputra (actuelle Patnâ) pour capitale. La dynastie fut officiellement fondée en 319-320 par Chandragupta Ier, qui monta cette année là sur le trône d’un petit royaume appelé à connaître une brillante destinée. La puissance militaire et l’habileté politique des deux grands souverains que furent Samudragupta (vers 335 – 375) et Chandragupta II (vers 375 - 415) portèrent alors l’empire à son zénith avant que, vers la fin du Ve siècle, sa grandeur ne soit mise à mal par les invasions des Huns Hephtalites, précipitant l’empire dans un irréversible déclin.

Le parcours de l’exposition se veut chronologique et présente l’art gupta depuis les grands centres de création que furent Mathurâ et Sârnâth jusqu’aux foyers artistiques les plus importants situés à la périphérie de l’empire qui, à son apogée, s’étendait sur l’ensemble de l’Inde septentrionale. Au début de l’exposition, un ensemble de monnaies en or, qui comptent parmi les plus beaux exemples de la numismatique indienne, permettent d’évoquer le règne et la personnalité des plus grands monarques de la dynastie.

Un petit groupe de sculptures vient ensuite illustrer les antécédents stylistiques et iconographiques dont l’art gupta est issu, et qui plongent leurs racines dans l’art robuste et profondément éclectique des Grands Kushâna (Ier – IIIe siècle).

Les grands foyers artistiques que furent au Ve siècle Mathurâ et Sârnâth sont ensuite évoqués à travers un éblouissant ensemble de sculptures – bouddhiques, jaïnes et brahmaniques. Taillées dans le grès rose de Mathurâ ou le grès beige de Sârnâth, ces effigies divines, frémissantes d’intériorité et de spiritualité contenue, empreintes de grâce et d’une élégance hautaine, au modelé à la fois adouci et épuré, constituent la quintessence même du génie artistique gupta et un canon esthétique dont ne cesseront de se réclamer, au fil des siècles, nombre de courants artistiques ultérieurs. Divers éléments de décor architectural permettent en outre d’évoquer le cadre dans lequel ces œuvres d’art sacré prenaient place au sein des sanctuaires hindous et des monastères bouddhiques.

Participant souvent du décor des temples, les terres cuites gupta séduisent par leur fraîcheur et leur verve narrative, servies par une superbe facture. Elles illustrent une veine profane et spontanée, dont le répertoire emprunte aussi bien à la mythologie qu’au théâtre ou aux scènes de la vie quotidienne et offre un séduisant contrepoint au hiératisme et à la grandeur des images de culte.

La dernière partie de l’exposition introduit à l’art de quelques grands sites régionaux – tels Bhumârâ, Deogarh, Nâchnâ Kutharâ et Shâmalâjî – et permet d’appréhender l’esthétique gupta dans toute sa diversité et ses particularismes régionaux aux Ve et VIe siècles.

This exhibition was organised by the Réunion des musées nationaux, the musée national des Arts asiatiques-Guimet and the National Museum, New Delhi.

The Gupta era (4 - 6 AD) marks the high point of Indian civilisation. During this golden age, when religious thinking, sciences, literature and the theatre flourished, art reached an unprecedented level of refinement and perfection ; aesthetic canons and iconographic models developed during the Gupta period would endure through the centuries, and their influence would spread into the art of Nepal, of South East Asia and even of Central Asia.

Thanks to exceptional loans from the greatest Indian museums, a collection of about 110 sculptures (stone, terracotta, bronze) sets out the genesis, development and the influence of this art which is still relatively unknown by the Western public. This exhibition is the first event, devoted exclusively to the art of Gupta India, to be organised in France and indeed in Europe.

As with the sovereigns of the first great historic dynasty of the Indian sub-continent, the Mauryas (4 – 2 BC), the Guptas originated from Northern India. And like other royal families in Indian history whose ancestry remains somewhat obscure, Gupta rule established itself progressively after the break-up of the great Kushana empire towards the end of the third century. Their territories extended into part of the modern state of Bihar, with the ancient city of Pataliputra (modern Patna) as the capital. The dynasty was officially founded in 319-320 by Chandragupta I, who that year ascended to the throne of a small kingdom which was to have a dazzling future. The military power and political skill of the two great sovereigns Samudragupta (around 335 – 375) and Chandragupta II (around 375 - 415) took the empire to its height before, towards the end of the fifth century, its dominance was weakened by the invasions of the Hephalite Huns, and the empire plunged into an irreversible decline.

The exhibition is laid out chronologically and presents Gupta art from the great centres of creation in Mathura and Sarnath to the most important artistic centres in outer regions of the empire which, at its height, extended over the whole of Northern India. At the beginning of the exhibition, a collection of gold coins, among the finest examples in Indian numismatics, evokes the reigns and the personalities of the greatest monarchs of the dynasty.

There is then a small group of sculptures illustrating the stylistic and iconographic antecedents from which Gupta art developed, and which are firmly rooted in the robust and profoundly eclectic art of the great Kushana period (1st-3rd centuries AD).


Mathura and Sarnath, the great artistic centres of the 5th century, are then conjured up through a stunning collection of sculptures – Buddhist, Jain and Hindu. Carved in the pink sandstone of Mathura or the buff sandstone of Sarnath, these divine images, vibrant with interiority and contained spirituality, imbued with grace and haughty elegance, with both gentle and refined contours, are the quintessence of the Gupta artistic genius and an aesthetic canon which many subsequent artistic trends down the centuries will claim to express. In addition, a variety of architectural, decorative pieces evoke the settings within Hindu shrines and Buddhist monasteries in which these works of sacred art took their place.


Often part of the temple decoration, the Gupta terracotta figures captivate us with their freshness and narrative eloquence, enhanced by superb craftsmanship. They illustrate a secular and spontaneous creativeness, whose repertoire borrows equally from theatre, mythology or from scenes of daily life, and offers an appealing counterpoint to the hieratic and grandiose cult images.

The last part of the exhibition introduces art from a few great regional sites –such as Bhumârâ, Deogarh, Nachna, Kuthara and Shamalaji – and enables us to comprehend all the diversity and regional specialities of the Gupta aesthetic in the 5th and 6th centuries.

(this introduction is from : http://www.rmn.fr/inde-classique/01presentation/index.html )

Thursday, March 15, 2007

Après Francfort, l'Inde est l'invitée d'honneur au Salon du Livre à Paris (du 23 au 27 mars 2007)

A l'occasion des 60 ans de son indépendance, l'Inde est l'invitée d'honneur 2007 du Salon du Livre.

Auteurs indiens présents au Salon du Livre :


• U.R ANANTAMURTHY • Rupa BAJWA • Sarnath BANERJEE • Shyam BHAJJU • Urvashi BUTALIA

• Upamanyu CHATTERJEE • Amit CHAUDHURI • Abha DAWESAR • Shashi DESHPANDE

• Gita HARIHARAN • Mushirul HASAN • Ruchir JOSHI • Sudhir KAKAR • Sunil KHILNANI

• Gopi Chang NARANG • Anita RAU BADAMI • Lavanya SANKARAN • Alka SARAOGI

• K. SATCHIDANANDAN • Irwin Allan SEALY • Vikram SETH • Ravi SHANKAR ETTETH

• Kalpana SWAMINATHAN • Tarun TEJPAL • Shashi THAROOR • Altaf TYREWALA

• Krishna Baldev VAID • Udaian VAJPEYI • Pavan K. VARMA • M.T. VASUDERAN NAIR
Pour une brève présentation de ces différents auteurs, voir le lien suivant :

Différents ateliers sont organisés avec les auteurs, voir les liens suivants :
Dates : du vendredi 23 au mardi 27 mars 2007
Horaires : tous les jours de 9h30 à 20h
Nocturnes : vendredi 23 et mardi 27 jusqu’à 22h

Métro : Ligne 12 / Porte de Versailles - Ligne 8 / Balard
Tramway : Ligne 3 / Porte de Versailles
Autobus : Lignes 39, 80, Petite Ceinture (PC)

Tarifs :

Billet : 5 euros
Pass Salon du Livre : 15 euros

Gratuit :

-collégiens et lycéens
-les enfants de moins de 12 ans
-Entrée gratuite pour les étudiants de moins de 26 ans, (sur présentation de la carte)

Pour plus de renseignements, voir le site suivant :

http://www.salondulivreparis.com/2/inde.htm?idh=7

Sunday, November 19, 2006

Exposition : Afghanistan, les trésors retrouvés

Le musée des Arts asiatiques présente un trésor afghan : 220 pièces qui sortent pour la première fois du pays, dont ils racontent l'histoire mouvementée.

Des statues et reliefs des débuts de notre ère, des figures grecques et animaux chimériques, les ivoires indiens les plus anciens connus, un mobile romain, seul exemple de bronze antique peint. De l'or, tant d'or... L'exposition du musée Guimet se balade de trésors en trésors, sortis pour la première fois d'Afghanistan. Ils racontent un pan ancien de l'histoire du pays. Dans le sillage des conquêtes d'Alexandre le Grand, vers 330 av J-C, la région de Bactriane devint le lieu de rencontres des mondes grec et indien, jusqu'à l'arrivée des tribus nomades venues du nord et de l'est qui fondèrent leurs propres empires. Un des trésors, retrouvé à Tillia Tepe, au nord de l'Afghanistan, n'a jamais été montré au public. Et pour cause : il a surgi en plein bouleversement, échappant par miracle au chaos.

Squelette féminin. En 1978, un an avant que les Soviétiques n'envahissent l'Afghanistan, Viktor Sarianidi, archéologue soviétique né en Ouzbékistan, découvre par hasard un squelette féminin couvert d'objets en or. Il creuse encore et trouve cinq autres tombes, des princes et des princesses nomades, un homme et cinq femmes ayant vécu au Ier siècle de notre ère. Colliers de grenats du Radjastan, turquoises d'Iran, médaillon à l'effigie de la déesse Athéna : leurs parures reflètent les influences grecques, indiennes et kouchanes. «En fait, on ne sait pas grand-chose de ces princes, reconnaît Jean-François Jarrige, directeur du musée et commissaire de l'exposition. Les Grecs ont été peu à peu chassés ou englobés dans l'empire kouchan.» Les Kouchans, tribus venues du nord de la Chine, régnèrent du Ier au IIIe siècle sur le nord de l'Inde, le Pakistan et l'Afghanistan.
Chaque objet est inventorié et placé dans des caisses. Au total, le site de Tillia Tepe livre 21 618 pièces, dont 20 478 en or. Le trésor est conduit dans les caves du musée de Kaboul. Pendant dix ans, les Soviétiques occupent le pays. A leur départ, la guerre civile s'installe.
Lorsque les moudjahidin entrent dans Kaboul en 1992, le musée est victime des bombardements, puis pillé et dévasté. Mais l'essentiel des collections, dont ce trésor, avait été transféré, sans doute sur décision du président Najibullah, dans les caves de l'ancien palais royal de l'Arg, aujourd'hui occupé par la banque centrale. L'endroit est fermé par sept clés, détenues par sept personnes différentes, selon la tradition afghane. De 1989 à 2003, on ne voit plus le trésor, sur lequel circulent les rumeurs les plus folles. On le croit volé lui aussi, emporté en (ex-)Union soviétique, peut-être disparu à jamais. Les talibans, qui démolissent au musée des statues qui n'avaient pu être mises à l'abri, ne le découvriront pas. Ce n'est qu'en 2003 que le président Karzaï annonce qu'il est en sécurité.

Coffres. En juin 2004, a lieu une ouverture solennelle des coffres. Moyennant quelques financements, la National Geographic Society a obtenu l'exclusivité des droits. C'est donc un archéologue américain qui est chargé de l'inventaire. La France n'est pas associée à l'événement ; pourtant, elle est le seul pays à disposer d'une antenne archéologique permanente dans le pays, la Délégation archéologique française en Afghanistan (Dafa).
La Dafa avait été créée en 1922. Le roi, qui se méfiait des Anglais, ayant fait appel aux archéologues français pour mettre en valeur le patrimoine afghan. Le traité décide que les découvertes réalisées par les missions de fouilles françaises seront partagées entre le musée de Kaboul, qui verra le jour quelques années plus tard, et Paris, où elles forment aujourd'hui le fonds afghan de Guimet, une collection unique au monde. Avec cette exposition, c'est la première fois que ces découvertes sont réunies depuis leur exhumation.

Partage. Sur fond de concurrence entre Britanniques, Allemands et Français, les archéologues sont alors à la recherche de ce fabuleux royaume grec en Asie centrale, dont les traces ont été gagnées par les sables, survivant au pillage et aux destructions des conquérants musulmanes. Les fouilles commencent dans le nord, à Bactres, capitale du royaume de Bactriane. Mais les grandes découvertes se font à Begram. Pendant trente ans, les Français ont l'exclusivité des fouilles et l'accord de partage se maintient jusqu'en 1965.
La Dafa poursuit son travail jusqu'en 1982, quand le gouvernement prosoviétique en ordonne la fermeture. Aussitôt, elle met en oeuvre le sauvetage de son exceptionnelle bibliothèque. Ses responsables, avec un diplomate français et un chauffeur, déménagent en camion les 15 000 volumes à l'ambassade. Une tentative de sortie vers l'Inde échoue : la collection est saisie à l'aéroport, où elle restera en caisse, l'hiver sous la neige, jusqu'en 1991, où elle sera restituée indemne à la France.

Revanche. Depuis 2002, la Dafa a repris ses fouilles et entrepris la restauration des oeuvres du musée. Aujourd'hui, la France prend en quelque sorte sa revanche sur les Américains. Cela n'a pas été sans mal : le 16 mai dernier, le parlement afghan se prononçait contre le transfert des trésors, pour des questions d'assurance et par crainte que des objets ne soient copiés. Mais il changeait d'avis le 9 août : les années de coopération et les travaux de restauration des oeuvres, effectués par les Français, ont payé...
Les dernières caisses en provenance de Kaboul ne sont arrivées à Paris que le 16 octobre. Il en coûte plus d'un million d'euros au musée Guimet. Une partie du prix du billet d'entrée va au musée de Kaboul, en cours de reconstruction. Le trésor doit ensuite prendre la route d'autres capitales européennes. Le pouvoir afghan n'est pas forcément pressé de le récupérer. A Kaboul, l'or est condamné aux coffres forts, ne pouvant être exposé pour des raisons de sécurité.

Par Sylvie BRIET, Vincent NOCE
mercredi 6 décembre 2006

Sources : Libération

http://www.liberation.fr/culture/221413.FR.php

Quelques pièces importantes en diaporama :

http://www.lemonde.fr/web/portfolio/0,12-0@2-3246,31-842392@51-842680,0.html

Sunday, October 08, 2006

Exposition : Venise et l'Orient

du 3 octobre 2006 au 18 février 2007

Exposition organisée par The Metropolitan Museum of Art, New York et l’Institut du Monde Arabe, Paris

Lieu
Institut du Monde Arabe
1, rue des Fossés Saint-Bernard
Place Mohammed V
75005 Paris

Métro : Jussieu, Cardinal-Lemoine,
Sully-Morland

Bus : 24, 63, 67, 86, 87, 89

Horaires
Du mardi au vendredi de 10h à 18h
Week-end et jours fériés de 10h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu'à 21h

Tarifs
Entrée : 10 € (plein), 8 € (réduit), 6 € (-26 ans)
Entrée libre : moins de 12 ans, handicapés, conférenciers, guides touristiques.

Visite conférence
Tous les jours sauf le lundi à 14h30 et 16h30 : 15 € (plein), 13,5 € (réduit), 11,5 € (- de 26 ans)

Billeterie
Par téléphone : 0 892 702 604 (0,34 € /min)
Sur internet :
http://www.fnacspectacles.com/ficheManifestation.do?codman=VENIS

Réservation des groupes
de 10 à 25 personnes
Réservation au 01 40 51 38 45 / 39 54
Du Mardi au Vendredi de 10h à 13h et de 14h30 à 16h30


Rarement deux destins ont été aussi intimement liés, malgré les antagonismes et les péripéties de l’Histoire. En effet, Venise, cette cité-État européenne, qui a exercé une suprématie économique et commerciale pendant des siècles en Méditerranée, avait instauré, depuis le IXe siècle, des rapports privilégiés avec les dynasties du Proche-Orient et tissé des liens solides avec Le Caire, Damas et Byzance-Constantinople.

L’exposition couvre plusieurs siècles – du vol de la dépouille de Saint-Marc, à Alexandrie en 828, à la fin de la République – et différentes aires géographiques, marquant un intérêt particulier pour les échanges artistiques et culturels entre Venise et le Proche-Orient. L’exposition, cependant, se concentre sur la période la plus féconde de ces échanges, à savoir : du XIVe au XVIIe siècle.

En effet, c’est dès la fin du XIIIe siècle que Venise commence à se couvrir de palais, de se parer de tapis d’Orient, de soieries, de brocarts et de velours. Pour certains de ces objets la question continue à se poser : sont-ils vénitiens ou orientaux ? Les experts s’y perdent, même encore aujourd’hui.

Venise devient très tôt une puissance mondiale et établit, grâce au commerce, des liens privilégiés avec les grandes dynasties musulmanes : les Ayyoubides, les Mamelouks et les Ottomans. Ainsi s’opère à travers les siècles une transmission des savoirs et des techniques de l’Orient vers Venise. À son tour, la République vénitienne exporte dès le XVIe siècle des objets de luxe à décor islamique vers les grandes capitales d’Orient.

La représentation de Mamelouks et d’Ottomans, avec leur vêture caractéristique, dans les toiles des grands maîtres de la Renaissance, témoigne de la familiarité des Vénitiens avec leurs voisins méditerranéens.

Quelque 250 objets – peintures, textiles et tapis, verreries, céramiques, orfèvreries – provenant des collections vénitiennes et des plus grands musées à travers le monde, illustrent l’itinéraire de cette exposition.

Dossier :
http://www.imarabe.org/pdf/veniseorient_dp.pdf

Galerie virtuelle :
http://www.imarabe.org/temp/expo/venise-orient/venise-orient_04.html

(sources : http://www.imarabe.org/temp/expo/venise-orient.html)

Saturday, September 30, 2006

Exposition : Les Perses Sassanides, Fastes d'Un Empire Oublié

Du 15 septembre au 30 décembre 2006

Musée Cernuschi, Musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris
7 avenue Vélasquez
75008 Paris

Tél : 01 53 96 21 50

Accès

Métro : Monceau, Villiers

Bus : 30 et 94

Ouvert tous les jours (y compris le dimanche) sauf lundi de 10h à 18h

Prix : 7 Euros Tarifs réduits : 4.50 et 3.50 Euros

  • Visite commentée de l'exposition "Les Perses Sassanides. fastes d'un empire oublié" (224-642 après J.C.)

Les mardis 19 et 26 à 14h30 durée 1h30 (sans réservation)
Les samedis 16; 23 et 30 à 14h30 durée 1h30 (sans réservation)
Les jeudis 21 et 28 à 14h30 durée 1h30 (sans réservation)

  • Jeudi 19 octobre à 18h30 : Conférence autour de l'exposition "Les Perses Sassanides" : "Les reliefs rupestres à l'époque sassanide" par Françoise Demange (réservation obligatoire)
  • Jeudi 26 octobre à 18h30 : Conférence autour de l'exposition "Les Perses Sassanides" : "Le monde sassanide dans la littérature persane" par Charles Henri de Fouchecour
  • Samedi 07 et 14 octobre à 16h : Lecture du Shâh Nâmâ (Livre des Rois) du poète Firdawsi

Plus de 200 oeuvres présentées dans l'exposition et empruntées aux plus prestigieuses collections internationales des États-Unis, d'Europe et d'Iran témoignent de la diversité de cet art somptuaire et de son iconographie où les influences hellénistiques se mêlent aux traditions plus authentiquement iraniennes.

La dynastie des Sassanides régna sur la Perse pendant quatre siècles (224 - 642), du deuxième siècle après Jésus-Christ jusqu’à la conquête musulmane. En 224 ap. J-C, Ardeshir, un prince de la région du Fars au sud-ouest de l’Iran, détrône Artaban, le maître de l’empire parthe. Il prend le pouvoir et fonde une nouvelle dynastie, la dynastie des Sassanides d’après le patronyme de son ancêtre, Sassan. Les Sassanides vont gouverner pendant plus de quatre siècles le dernier des grands empires de l’Orient antique, aussi vaste que celui des Perses achéménides dont ils se veulent les héritiers. Rival à l’ouest de Rome puis de Byzance, au contact à l’est avec le monde mouvant des royaumes d’Asie Centrale, en relations suivies avec la Chine, l’empire sassanide est l’une des grandes puissances de son temps.

Au centre des créations de l’art sassanide, l’image glorieuse du souverain affirme l’unité du pays et l’autorité de la couronne. Le roi domine les scènes d’investiture, de chasse, de banquet qui sont taillées au flanc des montagnes en gigantesques reliefs, gravées en miniature sur les sceaux de pierre fine ou figurées sur le fond des coupes en métal précieux.

La cour du Roi des rois est un lieu de faste et de luxe légendaire. Les fêtes somptueuses qui s’y déroulent, sont l’occasion de déployer une extraordinaire magnificence que les grandes familles nobles ou les princes alliés cherchent à imiter. Cette splendeur ostentatoire favorise un exceptionnel épanouissement des arts dits mineurs.

Plats d’argent rehaussés d’or portant l’image royale. Coupes ou carafes dont le décor illustre un bestiaire fabuleux lié à la religion mazdéenne [zoroastrienne] ou montre des danseuses, musiciennes et saltimbanques qui évoquent les fêtes et banquets au cours desquels cette vaisselle de luxe était utilisée. Verrerie, étoffes précieuses, armes d’apparat, camées et intailles, monnaies d’or et d’argent.
La diversité des oeuvres présentées et empruntées aux plus prestigieuses collections internationales des États-Unis, d’Europe et d’Iran, témoignent de la diversité de cet art de cour et de son iconographie où les influences hellénistiques se mêlent aux traditions plus authentiquement iraniennes.

Sources :

http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=5853&document_
type_id=2&document_id=21015&portlet_id=12991